Recueil de nouvelles autour de l’amour sous toutes ses formes, filial, fraternel ou amoureux qui permets d’avancer en acceptant le cours de sa vie, qu’il s’agisse d’un passé douloureux ou d’un futur incertain. Un recueil de nouvelles harmonieux et profond, résolument tourné vers l’espoir.

Extrait :  Nouvelle Rien que pour toi !

Héloïse attendait sur le quai de la gare la Part-Dieu, à Lyon. Son mari arrivait à 16 heures de Paris Montparnasse. Il rentrait tous les vendredis soir. Elle l’attendait comme à chaque fois.

Elle lui avait laissé plusieurs messages sur son téléphone portable, mais il n’avait pas répondu. Claude était informaticien à La Défense.

Le TGV arriva à sa destination et tous les passagers descendirent sur le quai.

Héloïse attendit, guettant les voyageurs, espérant apercevoir Claude.

Il n’était toujours pas là. Tous les passagers étant descendus du train, elle commença à s’inquiéter.

Elle demanda au chef de gare si par hasard, des personnes n’étaient pas restées dans le TGV, mais il lui répondit « non » sèchement.

Toute dépitée, Héloïse rentra alors chez elle en voiture. Le téléphone de Claude sonnait dans le vide. Elle tournait en rond et se rongeait les sangs.

Elle essaya de joindre l’entreprise de son mari, mais les bureaux étaient fermés le vendredi soir. Elle ne connaissait aucun de ses collègues.

Elle téléphona aux services d’urgences des hôpitaux parisiens, elle téléphona à une trentaine d’hôpitaux, mais non, il n’y avait pas de Claude Dupuis hospitalisé. Elle fut rassurée, mais en même temps, éprouva un malaise : quelque chose clochait.

Héloïse ne dormit pas de la nuit, elle était au plus mal, elle téléphonait sans cesse à Claude.

Elle lui laissa quantité de messages, sans jamais recevoir une seule réponse. L’angoisse lui nouait l’estomac.

Déjà, les idées se bousculaient dans sa tête :

Peut-être qu’il a été enlevé par des trafiquants de stupéfiants, ou bien il a été renversé par un camion et son corps a été caché dans un fossé

Elle vivait dans l’angoisse permanente, ne pas savoir devenait invivable. Elle broyait du noir.

Le samedi midi, Héloïse ne put manger. Puis soudain, on sonna à sa porte. Elle courut.

C’est Claude, se disait-elle, il a dû oublier ses clés !

Une petite femme brune d’une trentaine d’années, les cheveux coupés au carré, se tenait là, debout.

— Vous êtes bien Madame Dupuis, la femme de Claude ?

— Il est arrivé malheur à Claude ? s’écria Héloïse.

— Il va bien. Je peux entrer ? Je dois vous parler. 

Héloïse, elle-même grande et élancée, fit entrer cette petite femme. Elle avait les yeux cernés par la fatigue.

— Je voulais vous informer que Claude ne reviendra plus. Il va demander le divorce. 

Héloïse en resta sidérée.

— Mais vous êtes qui ? Et où est Claude ? cria-t-elle.

— Il est avec moi. Nous sommes ensemble depuis un an et j’ai accouché il y a peu de son enfant. Il a un mois, c’est un garçon. »

Héloïse ne crut pas cette femme, elle voulait voir Claude.

— Écoutez, je suis désolée, mais Claude n’avait pas le courage de vous l’annoncer en face, de vive voix. Nous avons eu un coup de foudre. Nous nous aimons, je suis désolée pour vous…

— C’est invraisemblable !  Héloïse.

La maîtresse de Claude se leva et s’en alla sans un regard de compassion pour Héloïse.

Celle-ci n’arrivait même pas à pleurer. Elle n’avait rien vu venir. C’était impossible, pas elle, pas eux !

Ils étaient mariés depuis cinq ans, de belles années. Elle avait rencontré Claude lors d’un vide-greniers.

Ils étaient placés l’un à côté de l’autre, leurs stands étant voisins, Claude vendait tous ses bouquins et Héloïse, ses vêtements. Ils firent connaissance et s’ils n’eurent pas le coup de foudre, leur entente fut rapide.

Ils mangèrent à la buvette, le midi. Claude l’invita le soir même à une soirée festive, avec un groupe de jazz, où ils dansèrent.

Ils étaient bien l’un et l’autre. Lui était informaticien dans une petite entreprise de peinture. Il voulait évoluer, avoir sa propre équipe et pourquoi pas, être son propre patron.

Héloïse était vendeuse dans un magasin de luminaires.

Elle adorait son métier et conseillait ses clients sur les différents types de lumières, ainsi que sur leurs bienfaits. Elle s’était même spécialisée en luminothérapie et il lui arrivait de donner quelques conférences à ce sujet.

Héloïse et Claude se fréquentèrent pendant un an, allant chez l’un et chez l’autre.

Ils s’adoraient, aucune dispute ni reproche. C’était le couple idéal. Ils emménagèrent ensemble, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Leurs amis respectifs les enviaient : aucun orage à l’horizon, pas de heurts ni de mesquineries, pas de problèmes d’argent… Le parfait exemple de bonheur conjugal se trouvait chez Héloïse et Claude.

Ils se marièrent, un mariage pluvieux, un mariage heureux. Ils partirent au Maroc en lune de miel. Héloïse avait trente ans et Claude, trente-cinq.

Seule ombre au tableau, ils n’arrivaient pas à avoir un bébé et pourtant, leur sexualité était épanouissante. Au bout de trois ans, ils consultèrent : le problème venait d’elle et non de lui. Elle se culpabilisa.

Claude ne dit rien, mais il était soulagé que le problème ne vienne pas de lui. Il tenait à sa virilité.

Ils tentèrent alors différentes techniques d’aide à la procréation : insémination artificielle, fécondation in vitro

Leur couple commença à dépérir à vue d’œil. Il faut dire qu’ils passaient le plus clair de leur temps dans les cabinets médicaux.

Héloïse était très fatiguée à cause des traitements médicaux, elle était épuisée physiquement et psychiquement, mais personne de leur entourage ne le sut.

En fait, ils avaient peur de la réaction des gens, ils avaient même honte, surtout Claude. Celui-ci ne voulait pas étaler ses problèmes conjugaux devant leurs amis. Il tenait à sa réputation, à sa vie sociale. Il en avait assez de tout ce cirque médical. Il soutenait sa femme, mais sans conviction.

Héloïse resta seule dans le salon à regarder par la fenêtre.

Claude était en bas, son bébé dans les bras. Héloïse l’aperçut. Il sentit son regard posé sur lui et la regarda, puis détourna les yeux. Il n’avait pas eu d’accident, il était en pleine forme.

Héloïse posa sur lui un regard sombre et triste et fut prise d’un frisson glacé.

Elle était sous le choc, tout cela était inconcevable. Son cœur était trop lourd.

Elle n’avait rien vu venir, n’arrivait même pas à pleurer. Claude était un mari attentionné, galant, ayant toujours un cadeau pour elle…

Toujours souriant, il ne lui faisait jamais aucun reproche.

Aucune dispute, pas de tasse de café brisée ni d’assiettes cassées. Ils formaient un couple parfait, heureux.

Héloïse n’arriva pas à dormir cette nuit-là, elle manquait pourtant tellement de sommeil ! Elle devait travailler lundi. Elle se sentait seule et perdue.

Elle passa alors six mois de sa vie à travailler et vivre comme un ermite. Elle se sentait trahie, désappointée, seule et n’avait plus confiance dans les hommes.

Elle avait devant elle un chemin long et difficile, c’était évident et guère surprenant.

Quand l’été et les beaux jours arrivèrent, elle était toujours amoureuse de Claude, son mari, maintenant ex-mari. Le divorce avait été prononcé en mai.

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